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Boire du vin, être gai, c'est ainsi que je veux vivre Etre loin de la déraison, c'est la foi qui m'ennivre A la fiancée de l'univers, j'ai demandé quel était son douaire Elle m'a répondu : "rien que ton coeur ivre"

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#1 2011-05-07 10:37:22

Fredo78
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Le culte du vin de 121 ans avant Jésus Christ

L’image d’anciens viticulteurs romains foulant les grappes de raisin de leurs pieds nus, fervents croyants en la princesse Jezebels et imposant leur savoir sur le vin, n'est qu'une partie de l'histoire.
De nombreux points prouvent que le culte du vin dans la Rome antique est similaire au nôtre aujourd'hui. En fonction des régions, le vin était synonyme d'amour et de richesse, se conservait déjà pendant plusieurs décennies afin d’en améliorer sa qualité. Et à l'époque où il se faisait rare, un se démarquait particulièrement et s’appréciait comme la perle noire : le vin de Falerne.

Les origines de ce vin s’appuient toutes sur la même légende. Celle-ci raconte qu'un vieux fermier romain, du nom de Falernus, menait une existence tranquille au pied du Mont Massico, à environ 35 km de Naples, jusqu'au jour où il reçut la visite du Dieu Bacchus. Falerne lui prépara un léger repas et pour le remercier de son hospitalité, le Dieu remplit comme par magie un verre de vin. Le lendemain, Falerne se réveilla barbouillé. Bacchus avait disparu et toutes les montagnes environnantes étaient recouvertes de vignes.

Les ceps de Falerne ont été cultivés dans trois vignobles sur les collines du Mont Massico, probablement à partir d'un raisin que les romains appelaient Aminea Gemina. Aujourd'hui, les vignes primaires cultivées dans la région du Mont Massico et qui font partie des vins de Falerne sont : Falanghina, Aglianico et Piedirosso.

De nombreux viticulteurs détenaient des participations dans ces trois vignobles, mais, une partie était considérée comme le meilleur terroir situé à mi-chemin de la pente du Mont Massico, qui appartenait à un homme nommé Faustus et rappelant le domaine de la Romanée-Conti et de la Tâche Grand Cru.

Bien que ses vignobles se répartissent comme en Bourgogne, le vin de Falerne ressemblait plus à un Bordeaux. Le vin de Falerne datant de 121 ans avant JC (Le millésime d'une vie) fut célébré pendant des décennies et plusieurs sources mentionnent l’avoir goûté deux cents ans après l'année de son cru. Dans des écrits du premier siècle, Pline l'ancien, reconnut l’aigreur d’un vin passé. Gaius Trimalcion, acteur de la comédie Pétrone Satyricon, fit un coup de théâtre lorsqu'il servit ce vin comme un vinaigre âgé de cent quatre vingt ans.

Alors que, devenu synonyme de luxe, le vin de Falerne fit exploser le marché, on peut aujourd'hui assister au même phénomène avec nos vins de prestige.
Sur un mur d'une taverne de Pompeï, un écriteau disait : "Pour une unité de monnaie (une bouchée de pain en coutait deux), vous pouvez boire du vin ; pour deux, vous pouvez boire un vin meilleur; pour quatre, vous pouvez boire le vin de Falerne."
Cela peut paraître étrange mais c’était l’équivalent d’une cuvée locale Petrus achetée au supermarché.

A quoi ressemblait le vin de Falerne ?

L'auteur, philosophe et polygraphe, Pline, a identifié trois types de Falerne : le brut, le doux et le fin. En revanche, nous n'avons jamais connu sa couleur : blanc, rouge ou rosé ?
Certaines personnes pensent aujourd'hui que l'Aminea pourrait être le Greco di Tufo (un blanc) ou l'Aglianico (un rouge), mais jusqu'à présent personne n'a pu identifier l'ADN de cette ancienne vigne afin d’en définir la couleur de sa robe.
Toutefois, explique le Dr Patrick McGovern, auteur de "Ancien Wine and uncorking the past", les écrits romains décrivent le Falerne comme un blanc ce qui est intéressant car le raisin blanc mute rarement.

Les raisins étaient récoltés assez tardivement, et comme pour beaucoup de vins anciens, étaient séchés avant de subir une fermentation à 15 ou 16% d'alcool bien que les romains le coupaient avec de l'eau. Le Santo et l’Amarone que nous buvons aujourd'hui sont fabriqués de la même manière.
"Ces anciennes techniques résistent à l'épreuve du temps" affirme Dr McGovern, directeur de recherche à l'université de Pennsylvanie et au laboratoire du Musée d'archéologie biomoléculaire. "Quand vous lisez ces anciens traités de la Rome Antique, c'est comme si vous lisiez des livres de la viticulture actuelle. Ils suivent exactement les mêmes principes de vinification ou de culture des vignes en contrôlant la luminosité, l'irrigation, etc..."

Le vin de Falerne a également résisté à l'épreuve du temps car il a été classé comme haut de gamme pendant au moins cinq siècles par de nombreux empereurs aux goûts variés. Mais malgré ceux qui se roulaient sous la table, tous ne l’aimaient pas. Marcus Aurelius, un empereur pragmatique, a tout de même dit : "Le vin de Falerne est tout simplement le jus d'une grappe de raisin".


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